Carnet


Nulle part qu’en haut désir. Montréal, Qc: Lévesque Éditeur, “Carnets d’écrivains.” 2021. 193p. ISBN 9782897631208 (Print) | ISBN 9782897631215 (PDF) | ISBN 9782897631239 (EPUB).

Communiqué de presse par l‘éditeur :
« Nulle part qu’en haut désir » est une addition originale à la collection « Carnets d’écrivains » dirigée par Robert Lalonde. L’auteur chevronné Gaëtan Brulotte, lauréat d’une quinzaine de prix littéraires, y explore ce que représente pour lui la littérature. Il replace les notions de style et de beauté au cœur du discours littéraire dont elles sont des enjeux majeurs, mais il leur donne un nouveau souffle en les reliant à l’attention empathique que l’écrivain doit porter à la diversité des êtres, aux singularités humaines, à la modestie des choses et aux intensités du monde dans leurs nuances. Pour lui, l’écriture n’est pas qu’une question de technique, elle procède d’une vision qui devrait idéalement nous rendre plus sensibles, et donc meilleurs.
En bon compagnon d’une pensée créatrice, ce carnet esquisse une sorte d’autobiographie intellectuelle fragmentaire autour d’une quête perpétuelle de sens. Il traite de sujets aussi variés que l’humour et l’ironie, l’exil, la relation à la langue, le travail préparatoire à une œuvre, le rôle de la prise de notes, les problèmes de fabrication, le rapport de l’enseignement à la pratique artistique, le plaisir d’échanger avec le public, la nécessité de l’inclusion, le métissage des genres et des discours. Ce livre clairvoyant, stimulant, saupoudré de pincées de sel, vise à vivifier en chacun et chacune le désir de lire et d’écrire.
"Gaëtan Brulotte parle de ce qu'il a animé toute sa vie, soit l'amour des mots, des histoires inventées et du pouvoir transformateur de la littérature. Il livre un discours authentique mais surtout très érudit sur ses lectures, ses débuts comme écrivain, comme professeur, et sur ce que le temps lui a appris. Il traite longuement de son attachement pour le genre de la nouvelle qu'il fréquente assidûment et qu'il pratique encore." A-S. Leblanc, Instagram, 13 mai 2021.

CE QUE LA CRITIQUE EN PENSE:
-« En lisant le carnet de Brulotte, certes, on en apprend sur l’auteur, sur ses origines modestes notamment. Mais ce n’est pas de son petit moi qu’il désire nous entretenir. On l’a bien lu, c’est sans équivoque : à travers le carnet « se dessine […] une sorte d’autobiographie intellectuelle fragmentaire ». Or si notre nouvelliste s’applique à s’analyser lui-même, il me semble surtout préoccupé de s’ouvrir au monde et de comprendre les autres, ses contemporains. Brulotte s’intéresse au monde dans lequel nous vivons. C’est là je dirais un des intérêts majeurs de son travail. Cet écrivain ne vit pas dans sa bulle, n’écrit pas pour enjoliver la petite cellule de son « je », pour décorer de menus petits plaisirs esthétiques son seul for intérieur.
Découvrir chez un auteur une aussi considérable ouverture sur le monde, cela contribue à renforcer le sens que l’on peut avoir de la nécessité de la littérature. (…) nous sommes bien loin d’une conception parnassienne de la littérature. Sur ce point, l’auteur est clair : « la littérature n’est pas une fin en soi, mais un moyen. C’est un four à façonner des destins. »
(…)
« Notre « carnétiste » traite de divers sujets, tous en lien avec l’écriture. Il aborde entre autres la langue, le style « neutre », le trash, le milieu littéraire québécois, l’enseignement de la littérature, les études littéraires, et ce faisant examine des questions pointues de narratologie dont il arrondit les angles — autrement dit, il prend soin de bien se faire comprendre. On le suit avec plaisir lorsqu’il met en vis-à-vis la nouvelle et le roman, lorsqu’il distingue le conte de la nouvelle, lorsqu’il rapproche cette dernière de la poésie.
(...)
Si l’on s’instruit en lisant Nulle part qu’en haut désir, on s’y amuse aussi beaucoup. L’auteur n’est pas un pitre, mais il a le sens du plaisir et il est plutôt ingénieux. C’est un bon petit diable, un peu joueur de tours, rebelle ironique. (…) Une conférence prenant ainsi la forme d’une nouvelle dénote une remarquable créativité de la part de son auteur. Il y a là assurément de l’audace, de l’originalité. Le conférencier (lequel ? il y en a deux, celui de la fiction et celui, Brulotte lui-même, qui en livre la lecture) semble se moquer de la théorie littéraire. Cependant il ne la tourne pas en dérision. Il la présente tout à fait sérieusement. Ce qu’il dit au sujet de la nouvelle correspond plus ou moins à ce qu’on a pu lire dans les chapitres antérieurs du carnet. Mais ici, le dispositif fictionnel qui l’encadre prête à sourire, même à souvent éclater de rire. C’est du grand art. »
Daniel Guénette, « Propos sur la littérature », Blog, 19-05-2021. Lire l'article au complet ici.

« C’est formidablement intéressant (…) Belle leçon que ce carnet qui (…) nous apprend certainement à voir autrement. …) Gaëtan Brulotte m’a entraîné dans toutes les dimensions de l’écriture, celles que l’on doit sillonner quand on s’aventure dans les phrases (…). Un regard percutant qui nous en apprend beaucoup sur l’art de dire et de lire le monde. »
Yvon Paré, Littérature du Québec, Blogspot, 5 août 2021. Lire le commentaire ici

-« Ce carnet est à l’image de Gaëtan Brulotte, i.e. d’un homme très érudit (…) qui est écrivain et aussi un penseur de la littérature. Il nous livre (…) pourquoi il écrit, comment il a écrit certains de ses livres, ce que la littérature représente pour lui, et toujours en faisant référence à d’autres écrivains et à d’autres ouvrages. Il y a même certains passages franchement savoureux, entre autres il a un regard relativement critique sur le milieu littéraire, notamment sur le manque d’humour de certains de nos collègues universitaires. (…) C’est à la fois très instructif et très très enrichissant sur le plan humain que de fréquenter cet auteur à travers ce carnet. » Christiane Lahaie, Le cochaux show, BaladoCanada, podcast, 24-04-2021. Écouter l'émission ici. (à partir de 7,55 min)