La Vie de biais

(Nouvelles, Montréal, Editions Trait d'Union, 2002, 175p. Réédition remaniée en poche, Coll. "BQ", 2008, 201p)

Rempli de trouvailles et de singularités narratives, explorant de nouveaux sentiers pour dire le monde et réinventant l'art de la nouvelle, ce recueil jette un regard oblique, à la fois sensible et ironique, dur et ludique, sur diverses facettes de la société actuelle dont le suivisme, la rationalité, les clichés, la religion, les mégapoles, l'identité, la solitude, la thérapie, la justice, les apparences, le travail, le star system, l'ère du vide, l'obscurantisme, la vanité, l'opportunisme, la langue de bois, l'exil, les a priori culturels, ou les concessions déraisonnables dans l'ouverture aux autres. Gens ordinaires, mais aussi originaux et détraqués défilent sous nos yeux dans un mélange de drôlerie et de pathétique. Dans un quotidien insolite en quête du sens, l'auteur ne cesse de promouvoir la conscience accrue des choses, la vérité des corps, les délices sensoriels et les reconfigurations du bonheur sans oublier la réflexion existentielle qui caractérise son œuvre.

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Ce que la critique en pense

« La forme de ces récits est volontiers éclatée, morcelée, et chaque page témoigne d'une remarquable maîtrise du genre et de ses codes. En somme, comme toujours chez Brulotte, l'ensemble est ficelé avec finesse, intelligence et inspiration et, qui plus est, agrémenté de cet humour aussi caustique que discret, marque de commerce de ce grand maître du genre. » Stanley Péan, Le Libraire, Québec, No 18 (Printemps 2003), 7.

"La vie courante est ici analysée (...) avec un don très vif de l'observation, une acuité d'esprit incomparable, la finesse de l'humour et l'acidité de l'ironie et du sarcasme. (...) Sont pris à parti l'injustice, l'hypocrisie, la bêtise, l'imposture, quel que soit l'habit qu'elles revêtent. Il faut souligner l'art tout à fait personnel avec lequel le nouvellier nous accroche et nous séduit: sa minutie du détail, le choix du mot juste, qui atteint sa cible, de nombreux effets de style, le ton apparemment désinvolte mais terriblement efficace (...) Son recueil est un bijou. Lisez-le !" Gilles Dorion, Québec français 129 (Printemps 2003) : 9

« Cette formule — la vie de biais — pourrait servir de devise aux nouvellistes du monde entier. Reconnu comme un maître du genre, Gaëtan Brulotte en a fait, en 2002, le titre d'un recueil, réédité dans la collection «Bibliothèque québécoise». À la fois fidèles à l'esprit du genre et surprenantes par leurs audaces formelles, les douze nouvelles de La Vie de biais brillent par leur intensité narrative et la fine bizarrerie de leur atmosphère. L'écrivain (...) sait jusqu'où aller dans l'invention pour déstabiliser le lecteur sans le perdre. Bijou d'ironie mordante, "Le Complexe de Putiphar", dernière et plus longue nouvelle du recueil, évoque avec brio les aléas des échanges professionnels entre pays au développement inégal. Comme les autres textes de cet ouvrage, elle montre que Brulotte ne se contente pas de raconter des histoires; il en écrit, au sens fort du terme. » Le Devoir [Montréal], 24 mai 2008.

"(…) Les personnages de Brulotte n'ont rien de simple, ils sont même archi-complexes -toujours en état de questionnement (...) les douze nouvelles de La vie de biais forment un tout d'une grande complexité thématique, esthétique et formelle. (...) Depuis Le Surveillant (...) Brulotte n'a cessé d'explorer de nouvelles avenues pour dire le monde. (...) Il y a (...) des nouvelles qui parlent d'amour (...) d'une manière souvent étrange, toujours fascinante, jamais "simple". (...) le texte se donne à lire comme (...) une écriture thématisant (...), esthétisant des visions du monde critiques et ironiques. C'est ce que l'on appelle l'exigence de la forme." Michel Lord, "Rien n'est simple", Lettres québécoises, Montréal, 110 (été 2003), p. 27-28.

"(...) douze univers insolites, parfois à la limite du fantastique (...) Absolument imprévisible (...) d'une drôlerie irrésistible (...) chacune a un ton particulier, une écriture, une structure qui lui est propre (...) Ce recours à des structures originales, ainsi que l'admirable maîtrise de l'écriture font la force de La vie de biais. A marquer d'une pierre blanche." Hélène Rioux, XYZ, la Revue de la nouvelle No 73, Montréal (Printemps 2003), 77-78.

"Beach Hotel, texte bref d'une remarquable efficacité. (...) Dans l'ensemble Le Complexe de Putiphar est une charge sociale assez vive, servie avec un humour constant. (...) consiste à fignoler des tableautins qui sont des bijoux de style, pleins de finesse et de nuances." Réginald Martel, La Presse, Montréal, le 8 déc. 2002, F-2.

"Tout est décortiqué sous sa plume efficace et rigolote." Francine Fiore, Le Babillart, le 24 février 2003.

"Un virtuose", "des vies de fous", "à la manière de Kafka", "un discours éclaté"
Stanley Péan, www.radio-canada.ca - zone Culture.html, avril 2003.

“Autant de questions essentielles pour le XXIe siècle, que Gaëtan Brulotte pose de la manière ironique et ludique qui lui est propre, en faisant partager à son lecteur la joie de goûter aux plaisirs et aux subtilités du langage et de l'esprit (n'en déplaise aux pragmatiques!). " Margareta Gyurcsyk, « Les  Jeux/enjeux  interculturels  de  Gaëtan  Brulotte », in Dialogues francophones, Timisoara, Roumanie, No 15, 2009, p. 11.

"Bien qu’engagé dans une réflexion existentielle, c’est-à-dire une analyse de la vie sous toutes ses facettes –ce qui se manifeste dans des renvois intertextuels implicites entre autres à Sartre, Pascal, Nietzsche et Jarry-, Brulotte maintient une distance ironique à la manière de Molière par rapport aux grandes idéologies en prônant un certain gai savoir, ambigu et espiègle. (…) il adhère plutôt à une vision postmoderne et déconstructionniste selon laquelle il s’agit justement d’envisager une multiplicité de réalités et de valoriser le relativisme et l’imprévisibilité du monde." Steven Urquhart, "La théâtralité dans La vie de biais de Gaëtan Brulotte" in René Audet et Philippe Mottet. Portrait d’une pratique vive. La nouvelle au Québec (1995-2010). Montréal : Éditions Nota bene, "Contemporanéités", 2013. 191.

"(…) Il s’agit de rester lucide et de garder une certaine distance vis-à-vis des idéologies et des idéaux qui peuvent aveugler l’être humain et faire de lui un être intransigeant et, en fin de compte, « bête ». Autrement dit, il ne faut pas perdre de vue le caractère imprévisible et souvent paradoxal de la vie dans la poursuite du progrès et d’un monde meilleur. C’est du moins un des messages qu’on peut dégager de La Vie de biais, ce recueil riche et polysémique où on constate que la complexité des nouvelles reflète celle du monde et que l’auteur, malgré ses voyages vers autrui, n’a cessé d’entretenir un dialogue avec l’héritage catholique de sa province natale (…). Steven Urquhart, « La vie de biais de Gaëtan Brulotte : la subversion de l’idéalisme et la déconstruction implicite du discours religieux". Studies in Canadian Literature 41.2 (Winter 2016) : 198.

"Brulotte a tout pour que ses histoires soient parfaites : scénario simple et saisissant, personnages débordant de vie, descriptions riches en couleurs et détails révélateurs, authenticité. Et il possède surtout « l’étincelle de vie » qui, allumée dans ses récits, ne s’éteint jamais. Toutes les histoires qu’il raconte sont émotivement et rationnellement vivantes. Les lire signifie partager avec l’auteur l’émotion de redécouvrir le monde chaque fois autrement et le plaisir de réfléchir à notre condition humaine avec lucidité et humour." Margareta Guyrcsik, Gaëtan Brulotte ou la lucidité en partage, monographie, 2013.

“In this way, the stories within the collection are polyphonic. That is to say, they bring together many voices and perspectives so as to create a dialogue around the topics that are raised. To this effect, the collection represents more of a discussion than a neatly wrapped narrative with a visible plot line and clear message. This idea also refers back to the ironic nature of the stories, which play on  our initial understanding of the plot and force readers to think twice before settling on the meaning of any given tale. Indeed, rather than tell us something, Life Sideways makes us reflect on the unpredictable quirkiness of life and those moments and people with which we can all identify, and hopefully, laugh at, too. While reading this collection, it is important not to forget the comical aspect of the stories that, while laden with meaning, have been crafted in such a way, so as to make the reader not only think, but also smirk or even chuckle. Playing on the irony of life, Brulotte’s collection represents Oscar Wilde’s paradoxical statement with respect to our existence whereby “Life is too important to be taken seriously.” While life is most certainly a serious affair as anyone can tell while reading this volume, one must not, however, get too wrapped up in its intellectual attributes to the point of ignoring its comical dimension. In other words, it is important to remember that more often than not, our fruitless efforts to master life are precisely and ultimately what constitute the source of its humour.
    Funny, thought provoking and witty, Life Sideways is most definitely a collection of short stories for the ages. While retaining a certain French-Canadian specificity when examined closely, the volume is comprised of a series of stories that are nothing less than universal in their content, scope and appeal. Having spent a great deal of his life living in the United States of America and in then Europe, Brulotte is an extremely well-travelled, knowledgeable, open-minded and talented writer who is sensitive to others, their particularities, and the reality that despite our differences, we are ultimately all (too) human. Despite being individuals, we are collectively subject to the human condition, complete with all its inherent peculiarities and imperfections. As such, it is important to see his stories translated into English and thus made available to a wider and more diverse audience.” Steven Urquhart, Préface, Life Sideways, trad. anglaise de La vie de biais. Victoria, CB: Ekstasies, 2015.